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Société

Une enquête ouverte à Carcassonne après des propos racistes de policiers municipaux

9 septembre 202612 rédactions
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Le parquet de Carcassonne a ouvert une enquête préliminaire après la diffusion d'un enregistrement révélant des propos racistes tenus en patrouille par des agents municipaux.

Le parquet de Carcassonne a ouvert une enquête préliminaire après la diffusion d'un enregistrement capté par la caméra-piéton d'un policier municipalQui. La séquence vidéo, enregistrée lors d'une patrouille nocturne dans les rues de la ville audoise, montre des agissements et consigne des déclarations discriminatoires tenues à l'intérieur du véhicule de service. Les agents ont formulé des insultes visant des personnes issues de l'immigration, ainsi que des remarques sexistes et complotistes au fil de leurs interventions. L'enregistrement restitue notamment les invectives lancées à propos d'automobilistes croisés sur la chaussée : « Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture... » Cette diffusion a conduit l'autorité judiciaire à confier des investigations aux services compétents afin de déterminer les responsabilités pénales encourues par les agents pour provocation à la haine raciale et manquements déontologiques graves.

L'affaire a pris une dimension politique immédiate en raison du profil d'un brigadier-chef impliqué dans la patrouille. Cet agent entretenait des relations directes avec le Rassemblement nationalQui, formation politique présidée par Jordan BardellaQui, assurant notamment des missions d'encadrement au sein de son service d'ordre. Dès la publication des images et la vérification de l'identité du brigadier-chef, la direction du mouvement a engagé une procédure disciplinaire interne pour acter sa mise à l'écart. Interrogé sur ces déclarations captées en patrouille, le vice-président du parti Louis AlliotQuimaire RN de Perpignan et vice-président du parti a tranché : « On ne peut pas tolérer ça ». La suspension immédiate de l'intéressé n'a toutefois pas éteint les interrogations portant sur les liens opérationnels existant entre des agents de sécurité municipaux et les structures de protection militante du mouvement.

À Carcassonne, les élus municipaux ont réagi à la diffusion de la vidéo en réclamant la transparence la plus totale sur la chaîne de commandement. L'élu d'opposition Alix Soler-AlcarazQuiélu d'opposition à Carcassonne a pointé la responsabilité de l'exécutif municipal dans la gestion de cet enregistrement, estimant que « Si le maire a été mis au courant de ces agissements et n'a pas agi, c'est un deuxième scandale dans cette affaire ». Des représentants associatifs et des habitants ont demandé des sanctions administratives exemplaires, plaidant pour la révocation sans délai des agents incriminés. La présidente de région Carole DelgaQuiprésidente PS de la région Occitanie a exprimé son indignation face aux images, se disant « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». Les déclarations enregistrées ont suscité une vive réprobation parmi les élus régionaux.

Au niveau national, les déclarations ont provoqué de vives condamnations au sein de la classe politique et du gouvernement. La ministre Aurore BergéQuiministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a dénoncé avec fermeté la gravité des manquements constatés, rappelant l'obligation de neutralité absolue et de respect républicain incombant aux agents assermentés. À gauche, les critiques ont directement ciblé le parti d'extrême droite : le coordinateur national de La France insoumise Manuel BompardQuicoordinateur national de La France insoumise a affirmé : « Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement national ouvrent les yeux: rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme ». Sur le plan professionnel, les syndicats de la filière sécuritaire municipale ont pris la parole, notamment par la voix de Fabien GolfierQuisecrétaire national de la Fédération autonome de la fonction publique en charge des policiers municipaux, pour condamner des agissements qui discréditent l'ensemble du corps professionnel et contreviennent frontalement aux devoirs élémentaires du service public.

Parquet de CarcassonneRassemblement nationalMidi LibreAurore Bergé

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