Photo · Le FigaroLe tribunal correctionnel de Paris relaxe l'écrivain Kamel Daoud poursuivi en diffamation
La justice parisienne a prononcé la relaxe de l'auteur, estimant que la plaignante n'était pas identifiable dans les déclarations visées par la plainte.
La décision a été rendue par le tribunal correctionnel de ParisQui. L'écrivain Kamel DaoudQui a été relaxé des poursuites en diffamation engagées contre sa personne, comme le rapportent LibérationGauche · 2026-09-08L’écrivain Kamel Daoud relaxé dans un procès pour diffamationLire l'article →, Le FigaroDroite · 2026-09-08Poursuivi en diffamation par Saâda Arbane, Kamel Daoud relaxéLire l'article → ainsi que Le MondeGauche · 2026-09-08Le romancier Kamel Daoud relaxé dans un procès en diffamationLire l'article →. L'action judiciaire avait été initiée par Saâda ArbaneQui, qui lui reprochait des déclarations publiques entourant la parution de son roman primé et soutenait que son parcours personnel avait été utilisé sans son consentement pour nourrir la fiction. L'audience s'était tenue après plusieurs semaines de polémiques publiques autour de l'ouvrage et de son élaboration.
Pour motiver son jugement, la juridiction a considéré que les critères légaux ouvrant droit à une condamnation pénale n'étaient pas réunis dans ce dossier. Selon les constatations d'audience rapportées par FranceinfoCentre · 2026-09-08L'écrivain Kamel Daoud, poursuivi en diffamation par Saâda Arbane, une Algérienne l'accusant d'avoir volé son histoire, a été relaxéLire l'article →, les magistrats ont affirmé que « La partie civile n’est pas identifiable dans le propos qu’elle poursuit et ne rapporte pas la preuve qu’elle a été identifiée par des tiers, la diffamation n’est pas constituée ». Les juges ont ainsi estimé que les éléments versés aux débats ne permettaient pas au public de rattacher directement les propos incriminés à l'identité réelle de la plaignante.
Durant les débats, la défense de la partie civile a pourtant maintenu que l'atteinte était directe et indiscutable. Son conseil, Colomba GrossiQuiavocate, a réaffirmé qu'« il ne fait aucun doute que Mme Saâda Arbane est parfaitement identifiable dans les propos tenus par Kamel Daoud ». De son côté, l'autre représentant de la plaignante, William BourdonQuiavocat, a fustigé les interventions médiatiques de l'auteur, déclarant : « Il s’agit d’une attaque préméditée, organisée, relayée pour jeter du poison sur Mme Arbane après avoir été le prédateur de son intimité et sa vie privée en la présentant comme un agent d’un régime honni ». Pour ces avocats, l'exposition des éléments biographiques constituait une faute majeure devant être sanctionnée.
À l'inverse, l'avocate de l'écrivain, Jacqueline LaffontQuiavocate, a dénoncé une instrumentalisation des prétoires visant à museler l'auteur. Selon elle, son client « ressent un harcèlement judiciaire en France et en Algérie, une démultiplication des affaires qui a pour seul objet de l’épuiser, de le réduire au silence, de porter atteinte à ses capacités de travail mais aussi financières ». D'après les comptes rendus de Ouest-FranceCentre · 2026-09-08Accusé d’avoir volé l’histoire d’une femme pour son livre, l’écrivain Kamel Daoud, prix Goncourt 2024, relaxéLire l'article →, la défense a insisté sur la liberté de création romanesque et sur l'absence de toute volonté d'atteindre personnellement la plaignante, dont le nom n'avait pas été divulgué dans les déclarations visées par la poursuite.
Cette décision marque une étape significative pour Kamel DaoudQui, alors que d'autres actions ou condamnations ont été engagées de l'autre côté de la Méditerranée devant le tribunal d'OranQui. Le jugement rendu à Paris écarte ainsi toute responsabilité pénale de l'auteur sur le volet de la diffamation, clôturant provisoirement les poursuites intentées à son encontre par Saâda ArbaneQui devant les tribunaux correctionnels français.