« Il est faible mais avéré » : 1,6 million de Françaises alertées sur un risque de tumeur au cerveau lié à leur pilule
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Photo · Le MondeLes autorités sanitaires préparent une information directe aux patientes et aux médecins concernant les pilules contenant ce progestatif.
L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)Quiinstitution sanitaire prépare une vaste campagne d'information destinée aux utilisatrices d'une contraception orale sous forme progestative pure. Cette initiative prévoit l'envoi d'un courrier individuel à près de 1,6Le chiffrefemmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel7 rédactions · RTL, Franceinfo, Le Monde, Sud Ouest, TF1 Info, Le Parisien… million de femmesQui ayant recours à des spécialités pharmaceutiques contenant du désogestrel. L'opération vise également le corps médical, avec la transmission de consignes détaillées à l'ensemble des praticiens prescripteurs sur le territoire national. La démarche intervient après la publication de travaux menés avec Epi-PhareQui sur la sécurité de ces traitements hormonaux de longue durée, confirmant une hausse statistique de diagnostics de méningiomes, des tumeurs cérébrales le plus souvent bénignes.
Les conclusions établies par les chercheursQui signalent une élévation modérée de la fréquence d'apparition de ces lésions chez les personnes exposées de façon prolongée. Le niveau de survenue se trouve multiplié par 2Le chiffremultiplication du risque accru au bout de sept ans de prise3 rédactions · TF1 Info, HuffPost France, 20 Minutes au-delà d'une durée d'utilisation continue de plusieurs années. Les autorités sanitaires rappellent cependant que la probabilité absolue demeure extrêmement basse au sein de la patientèle, de l'ordre de 1Le chiffreproportion de femmes développant un méningiome sous désogestrel2 rédactions · Franceinfo, Sud Ouest cas pour une cohorte très importante d'usagères. Pour Dr Isabelle YoldjianQuidirectrice médicale de l'autorité sanitaire, la situation épidémiologique reste mesurée en comparaison d'autres molécules : « Ce risque (de méningiome, ndlr) est faible, sans commune mesure avec celui de l'Androcur, qui était multiplié par 20 au bout de cinq ans ». L'avertissement vise donc à instaurer une vigilance partagée sans provoquer d'inquiétude démesurée.
Le courrier adressé aux patientes explicite directement les motifs de cette démarche institutionnelle en adoptant une formulation accessible : « Madame, votre médecin ou votre sage-femme vous a prescrit une contraception à base de désogestrel 75 μg (microgramme). » Le document invite chaque destinataire à faire le point lors d'une prochaine consultation, tout en insistant sur le danger d'une interruption spontanée de la prise quotidienne. Pour les médecins et les sages-femmes, les recommandations préconisent une réévaluation régulière du traitement et une attention accrue aux symptômes neurologiques persistants. En cas de céphalées anormales, de modifications de la vision ou de troubles de l'équilibre, la réalisation d'une imagerie cérébrale par résonance magnétique doit être envisagée pour écarter toute complication.
Cette communication officielle modifie les repères des professionnels de santé habitués à prescrire cette molécule progestative comme une alternative classique aux contraceptifs oraux combinés. D'après Geoffroy RobinQuigynécologue médical au CHU de Lille et secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), le manque de visibilité antérieur justifie cette mise au point : « Jusqu'à présent, sur les notices de ces médicaments, il n'était pas noté qu'il pouvait y avoir, aussi faible soit-il, un petit risque de méningiome ». Le praticien rappelle que cette pilule sans estrogène conserve un rôle médical précieux pour les personnes présentant des contre-indications cardiovasculaires. Les instances sanitaires préparent l'actualisation des notices et des documents d'information à destination du grand public afin d'intégrer formellement ces données récentes dans les outils de prescription courante.
La surveillance de ces effets indésirables dépasse le cadre de l'Hexagone et fait l'objet d'un suivi coordonné auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA)Qui. Cette démarche européenne vise à harmoniser les mesures de précaution et l'information des patientes sur l'ensemble du continent. Au plan national, l'Agence nationale de sécurité du médicamentQui réaffirme que les bénéfices contraceptifs demeurent largement supérieurs aux aléas encourus pour la très grande majorité des utilisatrices. La priorité des professionnels consiste à prévenir les grossesses non prévues consécutives à un abandon hâtif du traitement. Les patientes souhaitant modifier leur méthode sont invitées à dialoguer sereinement avec leur soignant afin de déterminer l'option thérapeutique la plus adaptée à leur profil individuel.
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