Photo · L'HumanitéLe tribunal de Créteil suspend la réorganisation d'Infopro Digital visant à remplacer des journalistes par l'intelligence artificielle
La justice ordonne la suspension du plan social prévoyant l'automatisation de fonctions éditoriales au sein du groupe de presse professionnelle.
- Le tribunal judiciaire de CréteilQui suspend la réorganisation prévoyant le remplacement de fonctions de rédaction par des outils automatisés.
- Cette décision répond à l'assignation en référé déposée par le CSE d’Infopro DigitalQui pour contester les suppressions de postes.
- La décision sanctionne l'absence de concertation préalable concernant les risques professionnels pesant sur les journalistesQui.
- La GisiQuidirection indique que « Les mises en situation réelles vont se poursuivre » malgré ce blocage judiciaire.
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La juridiction des référés a tranché le litige qui opposait les salariés à leur direction sur l'intégration des technologies génératives dans les rédactions de presse. Le tribunal judiciaire de CréteilQui a ordonné l'interruption immédiate de la restructuration engagée au sein de la branche d'information technique et professionnelle. Cette décision prise en urgence par la formation de jugement paralyse les suppressions de postes envisagées dans les services de secrétariat de rédaction. La justice a relevé que la direction n'avait pas procédé aux expertises indispensables sur les conséquences sanitaires de cette mutation technologique rapide. Le magistrat impose par conséquent le gel du processus tant que la consultation légale des instances représentatives du personnel n'a pas abouti conformément aux exigences du code du travail.
Le contentieux avait débuté par l'action collective engagée par les représentants du personnel devant les juridictions civiles. Le CSE d’Infopro DigitalQui avait assigné l'employeur afin d'obtenir la suspension sans délai des départs contraints et des réaffectations imposées dans les différentes publications spécialisées du groupe. Cette démarche collective ciblait particulièrement l'impact psychologique et l'anxiété professionnelle générés par l'automatisation chez les journalistesQui maintenus à leurs fonctions de relecture. Selon les délégués, le déploiement hâtif de logiciels pour assurer le calibrage, la correction orthographique et la mise en page génère la dégradation directe des conditions de travail au quotidien. Les représentants du personnel ont également dénoncé la surcharge cognitive permanente imposée par la vérification minutieuse de contenus élaborés par des algorithmes, sans accompagnement adapté ni aménagement du temps d'activité.
Face aux contestations syndicales et aux craintes exprimées dans les équipes, la direction a vigoureusement défendu sa stratégie de modernisation en affirmant que l'encadrement éditorial conserverait la maîtrise finale de la fabrication des magazines. La directrice Isabelle AndréQuiprésidente de Gisi et directrice exécutive d’Infopro Digital a ainsi déclaré que « Les parties coordination et relecture globale doivent rester entre les mains de chefs d’édition ». La responsable d'entreprise soutient que l'emploi de modules automatisés vise à soulager les salariés des tâches techniques les plus répétitives pour concentrer les compétences éditoriales sur la valeur ajoutée de l'enquête, du reportage et de l'analyse sectorielle. Selon les arguments développés par la direction, l'évolution continue des outils de publication assistée constitue la condition indispensable pour pérenniser l'équilibre financier des titres face aux mutations de l'économie numérique.
Malgré l'ordonnance de suspension prononcée par l'autorité judiciaire, l'entreprise n'entend pas renoncer à l'expérimentation technologique au sein de ses rédactions professionnelles. La GisiQuidirection a fait savoir : « Nous allons poursuivre les tests et faire des numéros complets ». La direction a par ailleurs réaffirmé sa volonté de maintenir le calendrier opérationnel en ajoutant que « Les mises en situation réelles vont se poursuivre ». Les démarches d'automatisation conduites dans les rédactions professionnelles relancent ainsi le débat juridique sur l'application stricte du droit du travail face à l'intelligence artificielle générative dans les métiers de la presse écrite. Les organisations professionnelles demandent désormais l'ouverture de négociations formelles portant sur la préservation pérenne des emplois et la régulation concertée des outils automatisés dans l'exercice quotidien de l'activité de presse.
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