Effacer la dette serait "illégal, dangereux et inutile", selon le gouverneur de la Banque de France
« Cela laisserait une (petite) ouverture, qui devrait ensuite être tranchée par la Cour de justice de l'Union européenne. »Lire l'article
Photo · Le MondeLe gouverneur de la Banque de France s'oppose à l'annulation de la dette publique voulue par la gauche, s'appuyant sur le cadre juridique européen.
L'idée d'effacer une partie des créances publiques détenues par l'institution monétaire suscite un refus catégorique au sommet du système financier. Lors d'un entretien accordé à RTLQui, le gouverneur de la Banque de FranceQui, Emmanuel MoulinQuigouverneur de la Banque de France, a opposé une fin de non-recevoir absolue à la proposition défendue par Jean-Luc MélenchonQuifondateur du parti. Le dirigeant de la banque centrale nationale a estimé qu'une telle démarche poserait des risques majeurs pour la crédibilité financière du pays et s'avérerait impraticable, affirmant : « Elle est illégale parce qu’elle est contraire aux traités ». Pour le responsable, effacer ces créances nuirait directement à la réputation de l'État auprès des investisseurs qui souscrivent aux émissions obligataires.
Cette ferme mise au point converge avec la position défendue au niveau continental par les autorités monétaires de Francfort. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine LagardeQuiprésidente de la Banque centrale européenne, a rappelé le strict cadre légal régissant l'Union économique et monétaire, qualifiant une éventuelle annulation de titres de « violation pure du traité ». Les traités interdisent en effet le financement monétaire direct des déficits publics par l'Eurosystème. Les représentants des banques centrales soutiennent que renoncer au remboursement de ces titres priverait l'institution de sonCapitalDroite · 2026-09-11«Effacer la dette est une solution illégale, dangereuse et inutile», les explications d'Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de FranceLire l'article →, créerait un précédent déstabilisant pour l'ensemble des pays membres et remettrait en cause les équilibres fondamentaux de la monnaie unique.
La riposte politique des partisans de l'effacement de la dette a été immédiate face à ces arguments institutionnels. Jean-Luc MélenchonQuifondateur du parti a contesté frontalement la position exprimée par les autorités financières, déclarant : « Le banquier central français ment en diffusant de fausses informations ». Dans la même ligne, le coordinateur national Manuel BompardQuicoordinateur national a rejeté l'existence d'un obstacle juridique incontournable, affirmant que « rien dans les traités européens ne dit ce que la BCE doit faire des titres de dettes des États dont elle dispose ». Les partisans de la mesure estiment que les créances souveraines accumulées lors des plans d'urgence pourraient être neutralisées ou transformées en titres perpétuels sans pénaliser l'économie réelle.
L'enjeu budgétaire de cette confrontation reste considérable, la proposition d'annulation portant sur un volume de 500Le chiffrela réduction de la dette de l'État / le trou5 rédactions · Capital, Sud Ouest, Le Parisien, 20 Minutes, Franceinfo milliards d'euros destinés à alléger la charge pesant sur l'Etat francaisQui. Dans le même temps, la situation sur les marchés obligataires reflète la nervosité des opérateurs financiers face aux débats sur les finances publiques. L'écart de rendement mesuré entre les emprunts français et les titres de référence émis par l'AllemagneQui atteint 0,94Le chiffrel'écart entre le rendement français et le rendement allemand4 rédactions · Sud Ouest, Le Monde, Le Parisien, 20 Minutes point. Ce différentiel de taux d'intérêt pèse directement sur le coût du refinancement national et renforce la fermeté des institutions face à toute remise en cause des règles établies.
Effacer la dette serait "illégal, dangereux et inutile", selon le gouverneur de la Banque de France
« Cela laisserait une (petite) ouverture, qui devrait ensuite être tranchée par la Cour de justice de l'Union européenne. »Lire l'article