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Science

L'Inserm publie une étude décennale sur la santé des enfants prématurés

10 septembre 20266 rédactions
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Les résultats de la grande enquête nationale sur le développement des enfants prématurés sont rendus publics en France.

L'InsermQui présente, en association étroite avec l'InedQui ainsi que l'Université Paris CitéQui, les conclusions de cette vaste enquête de suivi consacrée au devenir des enfants nés avant terme. Cette recherche d'envergure nationale évalue de façon approfondie l'état général, les acquisitions cognitives, les trajectoires d'apprentissage et le comportement des jeunes ayant commencé leur existence de manière très précoce. Les scientifiques ont examiné le parcours de cette cohorte depuis les services de néonatalogie jusqu'à la fin de l'enfance primaire. L'objectif consiste à mesurer avec rigueur les conséquences durables de la naissance hâtive sur la vie quotidienne, la scolarité et l'équilibre familial, tout en identifiant les facteurs qui favorisent toute évolution positive ou accentuent les difficultés fonctionnelles au fil du temps.

Les données recueillies indiquent que la grande majorité des enfants examinés conserve un état général satisfaisant et ne présente pas de déficience motrice ou sensorielle majeure. Pour autant, les auteurs constatent la persistance fréquente de fragilités discrètes mais pénalisantes au quotidien. Des troubles de l'attention, des difficultés d'apprentissage de la lecture ou du calcul ainsi que des manifestations anxieuses apparaissent plus fréquemment chez ces écoliers que parmi leurs camarades nés à terme. Les équipes de recherche insistent sur le fait que la trajectoire développementale ne dépend pas uniquement de l'immaturité initiale des organes à la naissance, mais résulte aussi d'interactions complexes entre le système neurologique et les conditions de croissance au sein du foyer.

Cette enquête met en évidence des disparités marquées dans l'accès aux prises en charge spécialisées dès lors que l'enfant quitte la petite enfance. Alors que le suivi médical néonatal s'avère particulièrement dense et encadré durant les débuts de la vie, les bilans orthophoniques, psychomoteurs ou psychologiques deviennent plus difficiles à obtenir à mesure que le temps passe. Les familles se heurtent fréquemment à des délais considérables pour consulter des praticiens du secteur libéral ou des structures publiques de proximité. Cette situation engendre de profondes inégalités territoriales et socio-économiques, les foyers disposant de ressources matérielles limitées renonçant plus souvent à certains accompagnements pourtant essentiels pour pallier les retards d'apprentissage.

Face à ces constats, l'InsermQui et les chercheurs partenaires préconisent la refonte des protocoles de suivi afin de prolonger le soutien institutionnel bien au-delà de la petite enfance. Les spécialistes recommandent le renforcement de la coordination entre les pédiatres, la médecine scolaire et les enseignants pour repérer plus précocement les troubles exécutifs et proposer des aménagements pédagogiques adaptés sans attendre un décrochage scolaire avéré. L'enjeu sanitaire réside désormais dans la capacité collective à garantir la continuité des soins tout au long de la scolarité élémentaire, de manière à prévenir l'accumulation de retards d'apprentissage et à offrir à chaque enfant les conditions d'un développement épanoui.

InsermInedUniversité Paris Cité