Universités : une commission d’enquête sénatoriale appelle à lever le tabou de la sélection et des frais de scolarité
« Échec massif en licence, perte d’attractivité, place modeste dans la compétition scientifique internationale… »Lire l'article
Photo · Le FigaroLe rapport sénatorial propose de mettre fin à l'accès automatique des bacheliers à la faculté et de relever les frais d'inscription.
La commission d'enquête sénatorialeQui a rendu publiques ses conclusions sur l'organisation et le niveau académique des facultés françaises. Porté par Laurence GarnierQuisénatrice Les Républicains, rapporteure de la commission d’enquête, ce document officiel remis au SénatQui préconise une transformation radicale des règles régissant les études supérieures. Le texte recommande l'abandon pur et simple de l'admission automatique et universelle des bacheliers dans les filières générales. Les auteurs de la mission parlementaire considèrent que l'absence de tri initial favorise les abandons massifs et fragilise la valeur des diplômes universitaires. Ils proposent d'instaurer des prérequis stricts pour réguler les flux d'inscriptions et orienter les bacheliers vers des filières en adéquation avec leurs acquis scolaires.
Outre le filtrage des candidatures post-baccalauréat, le document parlementaire soutient une revalorisation marquée des frais de scolarité demandés aux étudiants. La commission d'enquête sénatorialeQui suggère d'accroître substantiellement le montant des droits annuels afin de doter les universités de ressources financières indispensables. Cette réforme tarifaire marquerait une rupture délibérée avec le modèle historique de quasi-gratuité prévalant dans l'enseignement supérieur public. Selon les préconisations portées par la rapporteure, membre du groupe Les RépublicainsQui, ce relèvement financier s'accompagnerait d'exonérations pour les élèves boursiers, l'objectif affiché étant de responsabiliser les familles tout en garantissant des rentrées budgétaires pérennes pour rénover les campus.
Sur le plan pédagogique, les sénateurs appellent à consolider la sélection lors de l'accès au cursus de master. Le rapport insiste sur la nécessité de donner pleine liberté aux établissements pour choisir leurs effectifs selon leurs capacités d'encadrement et les débouchés professionnels existants. Lors des travaux préparatoires, Laurent BatschQuiancien président de Dauphine avait formulé ce dilemme structurel pesant sur l'enseignement supérieur : « L’université est la seule institution à laquelle il est demandé à la fois d’ouvrir ses portes à l’entrée et d’être un pôle de recherche de niveau international à la sortie. C’est comme si l’on vous mettait sur la ligne de ». La commission entend corriger ce déséquilibre en instaurant des exigences accrues à chaque palier de formation.
Pour justifier ce changement de cap, Laurence GarnierQuisénatrice Les Républicains, rapporteure de la commission d’enquête affirme : « 15 % des Français associent spontanément l’université à une voie d’excellence, et ils ont raison, c’est une voie d’excellence à bien des égards. Mais il reste 85 % de Français à convaincre. » Les partisans de ces mesures affirment vouloir hisser les facultés françaises au niveau des meilleures institutions mondiales en combinant attractivité scientifique, autonomie renforcée et responsabilisation financière. Ils estiment que la massification non régulée a affaibli l'encadrement pédagogique et nui à la réputation globale des diplômes de licence.
Les conclusions du rapport suscitent néanmoins de vives réticences politiques et syndicales au sein de la communauté éducative. Des membres du SénatQui, notamment Pierre OuzouliasQui, dénoncent une tentative d'éviction des classes populaires et une remise en cause de la démocratisation scolaire. Les opposants à la réforme rappellent que l'accès ouvert constitue un principe républicain fondamental garanti de longue date. Alors que l'exécutif étudie les suites à donner à ces propositions, la remise de ce rapport relance une vive controverse sur le coût des études, la justice sociale et l'avenir du service public de l'enseignement supérieur.
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