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Photo · 20 Minutes
International

Un jeune Ukrainien disparu depuis 2022 enrôlé de force dans l'armée russe

19 août 20265 rédactions
Mise à jour

Les autorités de Kiev et les observateurs internationaux dénoncent les pressions systématiques et les incorporations forcées de jeunes citoyens ukrainiens par les services de sécurité russes.

Porté disparu depuis le début des hostilités dans la région de Kherson, ce jeune Ukrainien originaire du village de Krynky a été retrouvé au front au sein des unités ennemies. Identifié sous le prénom d'OleksandrQui, ce civil avait été enlevé et transféré en territoire contrôlé par l'adversaire au début de l'invasion. Selon les comptes rendus publiés par BFMTVCentre · 2026-08-17Un Ukrainien déporté enfant réapparaît plusieurs années après sur le front aux côtés des RussesLire l'article → et 20 MinutesCentre · 2026-08-18Un enfant ukrainien enlevé il y a quatre ans, repéré dans les rangs russesLire l'article →, cette apparition sous l'uniforme porté par l'armée russeQui constitue le cas documenté de la capture de civils transformés en combattants par Moscou. Les autorités de Kiev ainsi que des organisations de défense des droits humains dénoncent ce basculement imposé, qui arrache des adolescents à leur foyer pour les projeter directement sur le champ de bataille face à leurs compatriotes.

Les méthodes employées par les services de renseignement pour soumettre la population reposent sur des intimidations directes. D'après les enquêtes de FranceinfoCentre · 2026-08-19Victime de chantage de la part des services secrets russes, un père ukrainien se rend en Russie pour protéger son filsLire l'article → et Le ParisienDroite · 2026-08-20« Ne touchez pas aux enfants » : Mykhaïlo, soldat ukrainien parti en Russie pour sauver son fils, ne donne plus signe de vieLire l'article →, le chantage exercé par le FSBQuiagent du FSB vise particulièrement les familles ukrainiennes dont les enfants sont tombés sous le contrôle des forces d'occupation. Cet organisme a ainsi signifié à ce père de famille le marché imposé : « Je suis venu rendre visite à votre fils, nous avons besoin de certaines informations et vous, vous ne voulez pas qu’on envoie votre fils à l’armée. » Devant cette pression explicite, Mykhaïlo PurychevQuisoldat ukrainien a réagi en demandant : « Et si je ne collabore pas, vous l’envoyez dans les tranchées ? » Cet épisode démontre le recours systématique aux menaces de conscription comme instrument de coercition afin d'extorquer des renseignements ou de contraindre des civils à la sujétion totale.

La présence de natifs d'Ukraine au sein des troupes d'invasion recouvre des réalités disparates, que documente Slate.frGauche · 2026-08-21Pourquoi ces soldats nés en Ukraine ont-ils combattu pour la Russie?Lire l'article → à travers les interrogatoires de prisonniers capturés par les Forces ukrainiennesQui. L'évaluation de motivations réelles ou du degré d'asservissement subi demeure difficile. Les journalistes Sarah Rainsford, Mariana Matveichuk et Anastasia LevchenkoQuiJournalistes à la BBC ont rappelé les contraintes méthodologiques de telles rencontres avec des captifs : « Interroger des prisonniers de guerre n'est pas chose aisée: il faut d'abord s'assurer qu'ils ne subissent aucune contrainte, puis évaluer avec quelle franchise ils s'expriment compte tenu des circonstances » . Les récits recueillis oscillent entre contrainte physique, embrigadement forcé et basculement idéologique progressif.

Parmi les captifs interrogés sur le front, KonstantinQuiSoldat originaire d'Ukraine fait prisonnier témoigne du désarroi de soldats confrontés à cette guerre : « Je ne vois rien de bon dans aucune guerre, et dans une guerre comme celle-ci, il ne peut y avoir rien de bon a priori. Je ne dis pas que nous sommes comme les Ukrainiens, mais nous sommes proches. Nous » . Cette posture contraste avec celle affichée par d'autres combattants originaires du Donbass, passés sous l'influence de la propagande du Kremlin et des décisions de Vladimir PoutineQui. Interrogé sur cet engagement, AntonQuiSoldat originaire du Donbass fait prisonnier assume cette trajectoire sans détour : « Je me considère comme russe. Un pays, ça ne veut rien dire, c'est la nationalité qui compte. Toute ma famille est originaire de Russie. C'est là-bas que se trouvent mes racines » .

Ces parcours montrent l'ampleur de la politique d'assimilation et d'incorporation menée dans les territoires sous tutelle russe. Kiev continue de recenser les cas de mineurs déportés puis incorporés de force au sein des Forces armées russesQui, qualifiant ces agissements d'infractions flagrantes aux conventions internationales protectrices des populations civiles. Pour les observateurs et les proches de disparus, la réapparition de ces jeunes sur les lignes de combat confirme l'utilisation des populations occupées comme réserve de troupes par l'état-major adverse, scellant des drames familiaux irréversibles de part et d'autre de la ligne de front.

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Pourquoi ces soldats nés en Ukraine ont-ils combattu pour la Russie?

« Nés dans le Donbass pour la plupart, ces militaires ukrainiens ont intégré la propagande assimilationniste russe et se sont engagés aux côtés des troupes de Vladimir Poutine. Le président russe semble pourtant les avoir oubliés. »
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