Est de la RDC: à Bukavu, l’incendie d’un marché rappelle la récurrence de ces catastrophes
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Photo · Le MondeLes secours et les riverains constatent l'ampleur des dégâts matériels et humains après le drame survenu dans la commune de Bagira.
Le drame a débuté à proximité immédiate d'établissements scolaires dans la commune de Bagira, située à BukavuQui. Les flammes ont rapidement gagné les habitations voisines construites en matériaux inflammables, provoquant un mouvement de panique générale parmi la population et le personnel éducatif. Face à la progression du feu, la panique a submergé les cours de récréation et les salles de classe, empêchant une évacuation ordonnée des occupants. Le chef de quartier Patrice BudugeQuichef de quartier dans la commune de Bagira a décrit le déroulement critique des événements sur place : « S’en est suivie une forte bousculade poussant les élèves à se marcher les uns sur les autres ou à chercher une issue dangereuse, nombre d’entre eux sont tombés évanouis et d’autres ont perdu connaissance ». Des élèvesQui se sont retrouvés piégés par la fumée dense alors que le voisinage tentait d'intervenir avec des moyens de fortune.
Les structures sanitaires locales ont rapidement été saturées par l'arrivée continue de blessés et de personnes en détresse respiratoire aiguë. L'infirmier Christophe ZigashaneQuiinfirmier dans une clinique voisine a pris en charge les victimes conduites d'urgence vers les salles de soins pour tenter de réanimer les personnes asphyxiées par les émanations toxiques. La perte de nombreux écoliersQui a plongé le corps enseignant dans une profonde détresse. L'enseignante Imani Munganga LumièreQuienseignante dans l’un des établissements a fait part de son désarroi face à cette tragédie : « Ce qui me fait tellement mal au cœur, c’est de voir des petits enfants qui sont venus à l’école en étant vivants rentrer à la maison en étant des cadavres. Ça me fait mal en tant que pédagogue de voir ». Les familles continuent de parcourir les centres de soins de la zone afin d'identifier les corps ou d'obtenir des nouvelles de leurs proches hospitalisés.
En dehors des pertes humaines constatées dans le secteur scolaire, le brasier a anéanti des centaines de logements ainsi que des activités économiques vitales pour la commune. Les flammes ont balayé les étals et les dépôts de denrées sans laisser le temps aux commerçants d'emporter leurs biens. La commerçante MadeleineQuiCommerçante de poisson sur le marché de Kadutu a déploré la perte totale de son activité professionnelle : « Toute ma marchandise a été détruite par le feu, se désespère-t-elle. J’ai déchargé toutes mes marchandises de poissons salés avant-hier, et tout a été détruit. J’ai perdu toutes mes économies. Je suis sous le choc ». Les sinistrés constatent la disparition de leurs économies et de leurs biens essentiels, réduits en cendres avant l'arrivée des véhicules de lutte contre le feu.
Les difficultés d'accès aux quartiers accidentés et l'absence d'infrastructures hydrauliques fonctionnelles compliquent régulièrement le travail des secouristes dans toute la province du Sud-Kivu. L'enseignant Simon KasamiraQuienseignant à l’école primaire Ujamaa ainsi que le chef du quartierQuichef du quartier touché constatent que la promiscuité des bâtisses en bois favorise la propagation foudroyante des incendies d'une parcelle à l'autre. Le manque criant de camions anti-incendie opérationnels dans la municipalité laisse généralement les riverains démunis face à la violence des flammes. Les autorités provinciales et les organisations civiles examinent désormais les dispositions d'urgence pour reloger les centaines de familles sans abri et sécuriser les abords des écoles locales.
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