La préparation du budget de l'État pour l'année prochaine relance les discussions sur les dépenses publiques. Gouvernement françaisQui examine un dispositif ciblé pour limiter la progression mécanique des allocations de fin de carrière. L'exécutif travaille sur un gel ou une sous-indexation des versements destinés aux anciens actifs disposant des montants les plus élevés. Cette démarche vise à contenir l'endettement national et à freiner la dégradation des comptes de la protection sociale. Les premières orientations techniques ont été portées par Roland LescureQuiministre de l'Economie, qui a estimé que « la question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, méritait d’être posée. » Cette proposition a suscité des réactions immédiates dans l'hémicycle et au sein des organisations syndicales, alors que les arbitrages doivent aboutir avant l'automne.
Le projet technique s'appuie sur une sélection précise des bénéficiaires afin d'épargner les ménages modestes. Le plan à l'étude fixe une limite mensuelle brute à 3.000 eurosLe chiffreseuil mensuel brut évoqué pour geler les pensions2 rédactions · BFMTV, RTL pour l'application de ce mécanisme de modération. En France, la population totale des pensionnés s'élève à 17 millionsLe chiffrenombre total de retraités en France2 rédactions · Ouest-France, RTL de personnes. Selon les données budgétaires examinées par les services ministériels, la mesure ne concernerait qu'une minorité du public concerné, estimée à 8 %Le chiffrepart des retraités touchant plus de 3 000 € par mois2 rédactions · Ouest-France, La Dépêche du Midi des affiliés. Les fonctionnaires et anciens salariés dépassant ce montant ne verraient donc pas leur pension réévaluée au niveau de l'inflation constatée, ce qui entraînerait un recul direct de leur pouvoir d'achat réel sur l'exercice budgétaire concerné.
Les analystes financiers et les universitaires examinent la portée de ce choix technique pour les finances de l'État. Selon Michaël ZemmourQuiéconomiste, enseignant-chercheur à l’Université Lumière Lyon 2 et chercheur associé à Sciences Po, « Le gouvernement cherche des économies rapidement et les retraites représentent un poste de dépenses considérable. Le gel ou la sous-indexation des pensions permet donc mécaniquement de dégager des économies importantes. » Les experts rappellent que la trajectoire des finances impose des décisions strictes pour éviter des sanctions européennes. De son côté, Mathieu PlaneQuidirecteur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE a rappelé les exigences de la trajectoire nationale : « Comment redressera-t-on nos comptes publics ? Il va falloir trouver 100 milliards d’euros dans les prochaines années, mais pour cela, il faut une majorité et réaliser des économies. Il y aura des perdants, et il faudra trouver un compromis autour ». Ces arbitrages provoquent des débats méthodologiques sur la définition même des revenus concernés.
Les modalités pratiques d'une telle mesure suscitent des interrogations chez les professionnels de la gestion patrimoniale. Gaëtan CochardQuidirecteur du développement et expert retraite chez Kereis Expertises a ainsi précisé la complexité d'un ciblage par le niveau de ressources : « Quand je parle de 3 000 euros par mois, c’est revenus du patrimoine compris. Ça pourrait très bien être 2 000 euros de retraite et 1 000 euros par mois de revenus du patrimoine ». La délimitation administrative entre pension de base, régimes complémentaires et revenus annexes reste à formaliser par l'administration fiscale. Les débats parlementaires sur le futur texte de loi de finances promettent des confrontations vives sur l'effort demandé aux générations âgées par rapport aux actifs.