Photo · Le FigaroL'Afpa annonce un plan de réorganisation menaçant plus de 800 postes
La direction de l'organisme de formation professionnelle présente son projet de restructuration tandis que les organisations syndicales rejettent massivement les fermetures de sites annoncées.
- La direction de l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultesQui dévoile un vaste plan de restructuration pour compenser la diminution durable de ses recettes d'activité.
- Le projet prévoit la clôture de nombreux centres territoriaux et la disparition de nombreux postes sur l'ensemble du territoire national.
- Les organisations de salariés, notamment la CFDTQui, dénoncent une dégradation sans précédent de l'accompagnement public des demandeurs d'emploi.
- L'État maintient son engagement financier auprès de l'AFPAQui pour soutenir les transitions professionnelles malgré les vives tensions sociales.
Lire l'article
La direction générale de l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultesQui a présenté aux représentants du personnel un plan de redressement de grande ampleur lors d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration organisée au siège de Montreuil. Ce projet prévoit une diminution massive des effectifs ainsi que la clôture définitive de nombreuses antennes régionales réparties sur le territoire national. Confrontée à une contraction sévère de son chiffre d'affaires et à des déficits d'exploitation accumulés depuis plusieurs exercices, l'institution publique cherche à adapter son modèle de fonctionnement face à la transformation du secteur de l'apprentissage et de l'insertion professionnelle.
Le dispositif envisagé cible directement les structures opérationnelles et administratives de l'AFPAQui. La suppression programmée d'un volume important d'emplois concerne aussi bien les fonctions de formateur que le personnel d'encadrement pédagogique et les postes de gestion logistique. Les fermetures de centres d'apprentissage touchent l'ensemble des bassins d'emploi, réduisant considérablement le maillage historique de proximité qui permettait d'accueillir des publics éloignés de l'activité salariée. Les responsables syndicaux ont immédiatement fait part de leur opposition catégorique, redoutant un abandon des missions fondamentales d'intérêt général au profit d'une simple rationalisation budgétaire.
Face à l'ampleur des mesures, les réactions locales et syndicales se multiplient. Du côté des représentants syndicaux départementaux, la situation suscite des inquiétudes très contrastées selon l'implantation géographique des structures. Ainsi, pour la CFDT des Deux-SèvresQuisyndicat, « L’AFPA de Niort est relativement préservée », ce qui contraste avec les perspectives bien plus sombres constatées dans d'autres départements où des sites entiers sont voués à disparaître. La CFDTQui avertit qu'un tel rétrécissement du réseau affaiblira durablement les capacités d'accueil des demandeurs de qualification, alors que les besoins de reconversion restent très élevés dans l'industrie et les services.
Les difficultés financières de l'établissement résultent de l'ouverture à la concurrence des marchés de la qualification des adultes et des réformes successives du système d'apprentissage. Privé d'une partie de ses commandes publiques traditionnelles, l'organisme a vu sa fréquentation diminuer et ses marges se réduire rapidement au cours des dernières années. Malgré un soutien financier massif accordé par les pouvoirs publics pour moderniser les équipements et soutenir la masse salariale, les pertes d'exploitation ont continué de grever le budget global, contraignant la gouvernance à envisager des mesures radicales de réduction des coûts de fonctionnement.
La mise en application du plan social doit faire l'objet de consultations formelles avec les instances représentatives du personnel dans les semaines à venir. Les syndicats préparent des actions de contestation et réclament l'ouverture de négociations immédiates pour limiter les suppressions nettes d'emplois, préserver les sites menacés et exiger des garanties de reclassement interne. Alors que le gouvernement appelle à sauver l'opérateur historique de formation tout en exigeant un assainissement durable des comptes, le dialogue social s'annonce particulièrement difficile entre la direction et des personnels déjà éprouvés par de précédentes restructurations internes.