Clarity
Retour
Photo · RTL
Société

La société Tessan propose une option payante pour prioriser la téléconsultation

17 septembre 20263 rédactions
En direct

La mise en place d'un supplément tarifaire pour accélérer l'accès aux téléconsultations médicales provoque de vives réactions chez les pharmaciens et les patients.

  • La société TessanQui déploie une option coupe-file payante sur ses bornes médicales installées dans les pharmacies.
  • Ce service additionnel permet d'écourter le temps d'attente pour consulter un médecin en ligne.
  • Le responsable syndical Pierre-Olivier VarioQuiprésident du syndicat des pharmaciens dénonce un procédé assimilable à un bakchich qui fragilise l'égalité devant les soins.
  • Le concurrent Nathaniel BerneQuifondateur de Medadom rejette ce mécanisme de priorité financière qu'il juge inacceptable pour les patients.
Lire l'article

L'offre commerciale de téléconsultation médicale en pharmacie connaît une évolution tarifaire contestée. La société TessanQui a intégré à ses bornes interactives une fonctionnalité payante permettant aux usagers de réduire le délai d'attente avant la mise en relation avec le praticien. Les personnes présentes dans les officines peuvent choisir de débourser ce montant additionnel afin d'obtenir le créneau plus rapidement que les autres consultants. Ce mécanisme modifie l'accès habituel aux bornes de télémédecine réparties sur le territoire national. Alors que ces dispositifs visaient initialement à pallier le manque de soignants dans les territoires isolés, cette sélection par le prix suscite de vives interrogations sur le principe d'équité républicaine en matière de soins.

Face aux critiques grandissantes, la direction de l'entreprise justifie ce choix par des contraintes techniques et logistiques. Le dirigeant Julien CutoloQuiPDG de Tessan affirme que ce supplément tarifaire correspond à des investissements informatiques spécifiques garantissant une disponibilité quasi immédiate des praticiens partenaires. Pour Julien CutoloQuiPDG de Tessan, le groupe propose une prestation technologique dédiée plutôt qu'un privilège médical. Toutefois, l'instauration de cette file prioritaire payante provoque une vive réprobation auprès des professionnels de santé. Les représentants officinaux dénoncent une dérive mercantile étrangère aux principes déontologiques régissant le système sanitaire national.

La contestation s'est rapidement amplifiée au sein de la profession pharmaceutique. Sur les ondes de RTLCentre · 2026-09-16"On appelle ça un bakchich" : payer pour avoir un rendez-vous médical plus vite, l'option qui scandalise les patients et les pharmaciensLire l'article →, le représentant syndical Pierre-Olivier VarioQuiprésident du syndicat des pharmaciens a fustigé cette monétisation de la rapidité : « Les boîtes qui font de la téléconsultation veulent gagner de plus en plus d'argent. Dans d'autres pays, on aurait appelé ça un bakchich. Moi, je suis désolé, ce n'est pas la santé en France que je souhaite. » De nombreux pharmaciens partenaires expriment leur malaise devant l'obligation d'héberger des dispositifs qui créent une hiérarchie financière directe entre les personnes malades. Certains professionnels envisagent même de retirer ces équipements de leurs officines afin de préserver l'accueil universel des usagers.

Chez les usagers, l'incompréhension domine également face à cette tarification préférentielle. Au micro de RTLCentre · 2026-09-16"On appelle ça un bakchich" : payer pour avoir un rendez-vous médical plus vite, l'option qui scandalise les patients et les pharmaciensLire l'article →, l'auditrice CatherineQuiauditrice a exprimé son indignation : « Payer pour obtenir un rendez-vous beaucoup plus tôt, je trouve que c'est scandaleux puisque ceux qui en ont les moyens pourront se faire soigner plus vite ». Les témoignages d'autres auditeurs comme DominiqueQuiauditeur et VincentQuiauditeur expriment la même réprobation envers cette sélection tarifaire. Les réactions critiques se multiplient également parmi les internautesQui, qui dénoncent l'introduction de privilèges pécuniaires dans l'accès aux téléconsultations. L'inquiétude générale porte sur l'extension possible de tels suppléments dans l'ensemble des services de santé connectés.

La démarche engagée par TessanQui ne fait pas non plus l'unanimité parmi les entreprises concurrentes du secteur de la santé numérique. Le dirigeant Nathaniel BerneQuifondateur de Medadom marque sa désapprobation face à cette méthode : « Concrètement, c'est un peu comme si vous alliez aux urgences et qu'on vous propose de passer devant un autre patient en payant un supplément. On considère que ce n'est pas équitable ». Cette démarcation montre une divergence profonde de stratégie commerciale et éthique sur le marché de la télémédecine. Alors que le manque de praticiens oriente chaque jour davantage d'usagers vers ces cabines connectées, le débat sur la régulation de ces tarifs s'installe durablement dans l'espace public.

TessanRTL20 MinutesCapital

Clivage par bord politique