Au Chili, le gouvernement d’extrême droite étouffe l’hommage aux victimes de Pinochet par la répression
« En un week-end, ce sont l’histoire du Chili et sa population actuelle qui ont été violentées par l’extrême droite. »Lire l'article
Photo · Le MondeLes rassemblements marquant l'anniversaire du coup d'État ont entraîné des affrontements et de nombreuses interpellations dans la capitale chilienne, sans commémoration officielle organisée par le pouvoir.
À SantiagoQui, les cortèges commémorant le renversement du pouvoir civil par Augusto PinochetQui se sont déroulés sans aucune cérémonie gouvernementale. Cette absence d'hommage public marque une rupture inédite depuis la fin du régime dictatorial. Des rassemblements se sont formés dès le matin pour honorer la mémoire des défunts et dénoncer le silence des institutions républicaines. Des groupes de manifestantsQui ont occupé plusieurs axes de circulation, avant que des incidents n'éclatent aux abords des édifices publics. Les autorités chiliennesQui ont signalé des heurts violents, marqués par des jets de projectiles et des dégradations de biens urbains face aux unités des forces de l'ordreQui.
Le bilan officiel communiqué par les services de sécurité fait état de 198Le chiffreactes de violence recensés par les autorités2 rédactions · L'Humanité, Le Monde violences répertoriées au cours des différentes interventions. Les opérations menées par les forces de l'ordreQui ont conduit à l'arrestation de nombreuses personnes réparties sur l'ensemble de l'agglomération, parmi lesquelles figurent 16Le chiffreétrangers parmi les personnes arrêtées2 rédactions · L'Humanité, Le Monde ressortissants étrangers. Face à la multiplication des dégradations et aux blocages de voies majeures, le ministre Martin ArrauQuiministre de la Sécurité publique a défendu le dispositif policier et la réponse sécuritaire : « Nous allons continuer à rester fermes, à faire face à la violence et à protéger la tranquillité des familles chiliennes ».
La décision de ne tenir aucun hommage officiel émane directement de l'exécutif dirigé par José Antonio KastQuiprésident de la République du Chili. Le chef de l'État a expliqué cette orientation en affirmant : « De même que je ne peux pas effacer l'histoire, je ne peux pas non plus demander à nos compatriotes d'être condamnés par notre histoire à ne pas pouvoir regarder l'avenir de notre nation ». Ce refus d'organiser des cérémonies officielles a suscité une vive indignation parmi les associations de défense des droits humains et les familles de disparus, qui rappellent que les violences commises sous le commandement de Augusto PinochetQui ont causé la mort ou la disparition de > 3 200Le chiffrevictimes mortes ou disparues sous le régime militaire2 rédactions · L'Humanité, Le Monde personnes.
Dans les rassemblements, la colère des participants s'est directement exprimée contre la ligne politique défendue par le pouvoir. La manifestante NataliaQuimanifestante a fustigé la position officielle : « Le gouvernement refuse de reconnaître que des vies ont été prises, que la démocratie a été violée. C’est du négationnisme et une provocation aussi envers les familles qui continuent de chercher leurs proches disparus. » Pour VaironQuimanifestant, également présent lors des hommages populaires : « Le fait que le gouvernement n’ait pas fait de commémorations, c’est un manque de respect envers celles et ceux qui ont vécu cette période difficile ». La participante Pam ValentinaQuimanifestante a partagé ce sentiment en expliquant : « Je pense que ce gouvernement veut que le pays perde la mémoire ». Les cortèges ont brandi des portraits de disparus et des banderoles réclamant justice.
La soirée s'est achevée avec des troubles persistants dans plusieurs secteurs de SantiagoQui, où des barricades ont été dressées sur la chaussée. Les autorités chiliennesQui ont maintenu une surveillance renforcée des points stratégiques afin d'empêcher de nouveaux heurts nocturnes. Les patrouilles assurées par les forces de l'ordreQui se sont poursuivies jusque tard dans la nuit. Le choix du pouvoir d'abandonner les commémorations d'État a conduit à une confrontation directe avec les citoyens attachés au devoir de mémoire.
Au Chili, le gouvernement d’extrême droite étouffe l’hommage aux victimes de Pinochet par la répression
« En un week-end, ce sont l’histoire du Chili et sa population actuelle qui ont été violentées par l’extrême droite. »Lire l'article